Crédit: Chamsou-Dine Baguiri

Bénin : Vivia Miel Ong pour une meilleure gestion des aires protégées à travers Biopama

Vivia Miel Ong organise une formation sur la conduite d’une évaluation avec l’outil IMET et de pré remplissage des formulaires. L‘activité entre dans le cadre du projet d’ ‘’Evaluation de la gestion et de la gouvernance des APAC de Sérou et de Igbo-dognin’’. APAC signifie Aires et territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire. L’atelier de trois jours a réuni des Organes endogènes des APAC de Sérou et Igbo-Dognin communautés locales, mairies des communes concernées. L’inspection forestière du département de la Donga et le consortium APAC Bénin étaient également de la partie.

Le projet qui fait bénéficier cette formation est mis en œuvre par Vivia Miel Ong. Il reçoit le soutien financier de l’Union Européenne et l’Organisation des Etats d’Afrique, Caraïbes et Pacifiques à travers le programme Biopama.

Objectifs du projet

« Les aires protégées de Sérou (Djougou) et Igbo-Dognin (Bassila)  sont en proie d’actions anthropiques. Elles sont victimes de déforestation, de braconnage et autres actions nuisibles de l’homme ». C’est le constat qui pousse Emmanuel Traoré à s’engager avec son Ong Vivia Miel pour la protection de l’environnement. Pour le Directeur exécutif de ladite organisation, « il faut donc inverser au plus vite la tendance afin de protéger ces patrimoines ».

Vivia Miel Ong a déjà mené des actions dans ce sens. Maintenant, la structure est soutenue par des partenaires techniques et financiers pour d’autres défis. L’Ong actrice de changement veut changer les choses avec le projet ‘’Evaluation de la gestion et de la gouvernance des APAC de Sérou et de Igbo-dognin’’ à travers le programme Biopama.

L’objectif général de ce projet est : d’identifier ou la mise à jour d’actions prioritaires dans les aires protégées et conservées par le biais d’une évaluation qui identifie également les risques potentiels. De cet objectif général découle trois objectifs spécifiques. A en croire le premier responsable de l’Ong, il s’agit d’/ de :

  1. Informer et renforcer les capacités des parties prenantes dans la conduite d’évaluations de la gestion et de la gouvernance des aires protégées/conservées;
  2. Identifier à travers un processus participatif les actions prioritaires à mettre en œuvre pour l’amélioration des systèmes de gestion des APAC ciblées et
  3. Restituer à l’ensemble des parties prenantes les résultats d’évaluation.

L’atteinte de ces objectifs passe par la formation de tous les acteurs ciblés à l’outil IMET. Au nombre de ces acteurs, nous avons les  communautés locales et mairies des communes concernées. Nous n’oublions pas le consortium APAC Bénin et l’inspection forestière du département de la Donga.

Mais qu’est-ce que l’Outil IMET ?

Le Formulaire IMET vient de l’anglais qui se définit comme (Integrated Management Effectiveness Tool/Outil intégré pour l’efficacité de gestion).

« L’outil IMET a été établi pour permettre la collecte et l’organisation des données du contexte de l’intervention, et ainsi mesurer l’efficacité de la gestion des Aires Protégées.  C’est un outil intégré de planification, suivi et évaluation des aires protégées », déclare Georges Nobime, l’un des coachs IMET.

Georges Nobime et Lisette Amoussou ont déroulé la formation sur l’outil IMET. Cette formation qui a duré 3 jours s’est faite en phase théorique et pratique. La pratique a consisté au pré remplissage du formulaire avec des informations essentielles concernant chaque forêt.

La formatrice a apprécié le bon déroulement de la formation qui a été selon elle, un partage d’expériences avec les communautés locales vivant près de ces forêts.

« Les participants ont vraiment montré un intérêt particulier à la formation. Ils ont posé assez de questions pour comprendre les contours de l’outil IMET. Car après le remplissage du formulaire, celui-ci va donner des résultats. Ces résultats vont servir de guide afin de prendre des décisions plus éclairées dans la protection des forêts de Sérou et d’Igbo-Dognin. Les participants ont compris ce qu’est leur rôle dans la protection et la sauvegarde de ces aires protégées. Ils ont pris conscience que ces forêts sont leurs patrimoines culturels à préserver à tout prix ».

Les formateurs ont confirmé que les participants sont désormais outillés sur l’utilisation de l’Outil IMET. Ils ont réitéré leur engagement à veiller à la protection et à la sauvegarde de leurs aires protégées respectives. Quelques-uns ont livré leurs impressions au terme de la formation.

Impressions et témoignages de quelques participants

Les participants sont satisfaits de la formation reçue sur l’outil IMET. Ils donnent leurs témoignages et remercient Vivia Miel Ong à pérenniser dans le renforcement de capacités des communautés locales.   

« Nous remercions Vivia Miel Ong pour nous avoir informé davantage sur l’importance de la protection des aires protégées et sur l’outil IMET. Nous devons à présent œuvrer et militer pour préserver la forêt de Sérou. Si nos parents et grands-parents n’avaient pas fait l’effort de préserver cette forêt, nous n’en bénéficierons pas aujourd’hui. Nous devons donc dire stop aux actions nuisibles de l’homme pour préserver ce patrimoine culturel pour les générations à venir ».

« En tant qu’élu local, nous allons faire des sensibilisations à l’endroit de tous les habitants du village. Nous leurs diront de mettre fin aux activités qui menacent la forêt de Sérou. Aujourd’hui, notre plus grand combat dès que nous rentrerons est de protéger notre forêt avec ses arbres et animaux ».

« Avec l’outil IMET, on peut faire un état des lieux des espèces animales et végétales de la forêt d’Igbo-Dognin. Ainsi on pourra savoir les différentes espèces en voie de disparition qu’il faut réintroduire pour rétablir l’équilibre dans cette forêt. Je suis convaincu quavec l’outil IMET, nous tendons vers la gestion durable de ce patrimoine sacré qui est important pour la commune de Bassila ».

Ce que retiennent les animateurs de Vivia Miel Ong

« Avec l’outil IMET, on est sûr de prendre des mesures durables pour faire face aux menaces auxquelles nos aires protégées sont confrontées. Après donc les travaux de terrain qu’on fera avec les coachs, le document qui en sortira servira de plan d’action. Ce document sera un acquis et donnera des informations claires sur la forêt et des aspects sur lesquels d’autres partenaires techniques et financiers voudraient nous appuyer ».

« J’ai retenu qu’avec l’outil IMET on peut mieux protéger nos aires protégées ainsi que les animaux qui s’y trouvent ».

Le soutien de l’inspection forestière et du consortium APAC

Aucun soutien ne sera de trop dans l’atteinte des objectifs de Vivia Miel Ong. L’inspection forestière de la Donga et le consortium APAC s’engagent aux côtés de l’organisation. Les deux structures ne comptent ménager aucun effort pour appuyer l’Ong. D’abord, dans la formation des communautés, les sensibilisations et ensuite, dans la lutte contre les actions préjudiciables aux aires protégées.

Jean-Jacques Behoundja, chef section communale des Eaux et Forêts à Djougou rassure de leur engagement à aider Vivia Miel Ong. Les braconniers et autres ne voulant pas se conformer à la loi seront punis.

« Si des gens continuent à poser des actes qui mettent à mal les forêts, nous serons obligés de les sanctionner ».

Jean-Jacques Behoundja, Chef section communale Eaux et Forêts à Djougou

Soulémane Sinadouwirou, Secrétaire Général du consortium APAC n’en dira pas moins. Il salue le mérite de l’Ong dans son combat.

« Nous saluons tous les efforts faits par Vivia Miel. Il est difficile pour plusieurs Ong de rester aux côtés des peuples autochtones. C’est pourquoi, nous les assisterons en leur facilitant la tâche sur le terrain ». 

Soulémane Sina, Secrétaire Général du consortium APAC Bénin

Quelle est la suite après la formation ?

Après la formation sur l’outil IMET, coachs, participants et responsables de l’Ong poursuivront les travaux sur le terrain. L’évaluation concrète en termes de gestion et de gouvernance se fera au niveau des forêts de Sérou et Igbo-Dognin. La vision de l’Ong est de parvenir à la restauration des forêts sacrées. La finalité est de les rendre plus attrayantes pour le tourisme. C’est pourquoi, Emmanuel Traoré exprime sa gratitude aux partenaires techniques et financiers qui appuient ce projet en lien avec les objectifs de développement durable.

« Un grand merci à l’Union Européenne et l’Organisation des Etats d’Afrique, Caraïbes et Pacifiques à travers le programme Biopama. La protection des aires protégées est notre lutte perpétuelle. C’est le monde entier qui gagne si nos forêts rayonnent. C’est rétablir l’équilibre de l’écosystème et assurer l’avenir des générations futures ».   

Emmanuel Traoré, Directeur exécutif de Vivia Miel Ong

Notons que Vivia Miel est une organisation non gouvernementale béninoise créée en 2009. Depuis sa création, l’Ong fait de la protection de l’environnement pour un développement durable son combat quotidien.

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Auteur·e

kparonbaaru

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