Bénin : Comment fonctionne Radio Parakou dans le contexte de la Covid-19 ?

Article : Bénin : Comment fonctionne Radio Parakou dans le contexte de la Covid-19 ?
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10 juillet 2020

Bénin : Comment fonctionne Radio Parakou dans le contexte de la Covid-19 ?

Depuis l’arrivée de la maladie du coronavirus au Bénin, la façon de fonctionner des organes de presse a changé. C’est le cas des organes de la direction régionale de l’ORTB à Parakou, l’une des chaines du service public. Les services de l’information et des langues nationales ont connu des réformes à l’interne. Ceci pour lutter contre la propagation de la Covid-19. Chams-Dine Baguiri a fait un tour dans ces services pour rencontrer les différents responsables. Reportage.


La charité bien ordonnée commence par soi-même. Les professionnels des médias premiers acteurs à communiquer et sensibiliser la grande masse sur le respect des gestes, respectent-ils eux même les mesures dans leur lieu de travail ? À la direction régionale de l’office de radiodiffusion et télévision du Bénin à Parakou, c’est le cas. Je me suis rendu à maintes reprises dans les locaux de la radio pour le constater moi-même. Une occasion pour moi de découvrir que certaines dispositions ont été prises à l’interne par les autorités pour mieux protéger les agents de ce mal.

Les responsables de la direction régionale de l’ORTB Parakou prennent au sérieux la pandémie de la Covid-19. Dès les premières heures de l’annonce de la maladie, le directeur régional par intérim Habib Soumanou a veillé à ce que, devant chaque service de la radio, un dispositif de lavage des mains soit installé.

Lors des cérémonies des couleurs les lundis matins, il ne manque pas de rappeler à ses collaborateurs l’observance des mesures barrières. Outre ces mesures barrières recommandées par les autorités sanitaires, le rédacteur en chef de radio Parakou et le chef service des langues nationales ont pris certaines dispositions au sein de leurs services pour mieux faire blocus à la maladie.

Certaines émissions débats désormais animées en conférence téléphonique

Certaines émissions débats qui réunissaient autrefois trois voire quatre personnes en plus de l’animateur en studio ont connu des changements. Depuis l’arrivée du coronavirus au Bénin, la rédaction en chef de Radio Parakou a demandé à ce que certaines émissions se fassent par appel téléphonique. « Ça se discute », l’une des rubriques de l’émission phare de la radio, « Nasuba », qui signifie « bonjour » en langue française, se fait en ligne. Seul l’animateur de l’émission se trouve en studio. Les invités, essentiellement des journalistes de la maison, sont joints au téléphone grâce à un combiné installé par les services techniques.

Une alternative qui permet au service de l’information de continuer à informer et commenter certaines actualités du pays pour satisfaire l’auditoire. Le rédacteur en chef de radio Parakou estime que cette option en plus du respect des gestes barrières met ses collaborateurs et lui à l’abri du mal. Lucien Sotondji explique :

« Le coronavirus dicte sa loi à tout le monde y compris les professionnels des médias. Cette maladie nous impose l’adoption d’un certain nombre de gestes tels que le port obligatoire du masque, le lavage des mains, la distance de sécurité d’au moins un mètre entre personne etc… C’est ainsi qu’après réflexion, nous avons en un premier temps commencé à animer la conférence de rédaction en ligne via le réseau social WhatsAapp.

Ensuite, avec la complicité des techniciens nous avons trouvé le moyen de commencer par animer la rubrique « Ça se discute » à travers la conférence en ligne par téléphone. Cette façon de faire est une bonne chose. A mon avis, elle permet de rester loin l’un de l’autre et mieux nous protéger de la Covid-19 ».

Lucien Sotondji, rédacteur en chef du service de l’information.

Le rédacteur en chef ajoute que:

« Seuls l’animateur principal et les présentateurs de certaines rubriques de l’émission, notamment le bulletin d’informations sont tenus d’être obligatoirement présents en studio portent leurs masques de protection. Ils respectent aussi la distanciation sociale. Chaque reporter dispose également de son flacon de gel hydroalcoolique personnel » .

Crédit photo Chams-Dine Baguiri

C’est dire que toutes les mesures sont prises pour dire stop à la pandémie.

J’ai également constaté que la rédaction composée d’une vingtaine de journalistes ne grouille plus de monde. Seuls les reporters viennent au boulot pour accomplir les tâches à eux confiées pour la bonne marche du travail. Et les éditions du journal parlé se déroulent normalement.

Les agents du service des langues nationales divisés en groupe de travail

Crédit photo Chams-Dine Baguiri

Le service des langues nationales prend aussi des dispositions à l’interne pour riposter contre la propagation du corona virus.  Il a fait l’option de la division du personnel en groupe de travail. La salle de rédaction qui devait accueillir au maximum vingt personnes n’en abrite que six maintenant. Le chef service des langues nationales Nouroudine Safara se fait plus explicite :

« Faire confiance rien qu’au net pour tenir la conférence de rédaction pourrait nous être préjudiciable le jour où il manquera. Pour pallier cette éventualité, nous nous sommes organisés en trois groupes de travail. C’est-à-dire que mes 15 agents sont répartis en trois groupes de 5. Chaque détachement a son jour de permanence. C’est ainsi que nous tenons la conférence chaque matin. 5 agents en plus du chef font 6 au total dans la salle. Nous avons ainsi suffisamment d’espace afin de respecter la distanciation sociale et d’éviter de s’agglutiner dans la salle de conférence ». 

Nouroudine Safara, chef service des langues nationales.

Par ailleurs, les agents du service des langues nationales ne manquent pas de respecter la mesure du port obligatoire du masque.  

Les responsables des deux services ont conscience des risques encourus en cas de non-respect des gestes barrières. Ils veillent au strict respect des gestes barrières à savoir :

  • Le lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon ;
  • La désinfection des mains avec du gel hydroalcoolique ;
  • Le port obligatoire du masque de protection ;
  • Tousser ou éternuer dans votre coude ou dans un mouchoir ;
  • Rester à au moins un mètre les uns des autres ;
  • L’utilisation d’un mouchoir et à jeter dans la poubelle après usage (unique) ;
  • Saluer sans se serrer la main et arrêter les embrassades.

Ces mesures sont relayées sur la radio en français et dans 15 langues nationales les plus parlées dans le Nord du pays.

Il convient de préciser que radio Parakou couvre tout le septentrion du pays et une partie du département des collines.

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