RAPO 2025 : le Burkina Faso, le Mali et le Niger maintiennent le financement des DSSR malgré la crise
Lors de la Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO 2025), tenue à Lomé au Togo, l’un des panels ayant retenu mon attention a mis en évidence la résilience du Burkina Faso, du Mali et du Niger face aux crises sécuritaire et financière. Pourquoi ce panel m’a marqué : car mon sujet m’ayant permis de remporter le premier prix dans la catégorie Presse en ligne / Blog porte sur la résilience face à la crise sécuritaire. Placé sous le thème « Accélérer le financement domestique des DSSR : quelles stratégies pour un engagement durable ? », le panel « Maintenir le cap : les pays face à la crise (Burkina – Mali – Niger) » a réuni experts et décideurs.
Modérés par Dr Ginette Hounkarin, Manager Senior à la Children’s Investment Fund Foundation (CIFF), les échanges ont rappelé que la mobilisation des ressources pour les droits et la santé sexuelle et reproductive (DSSR) demeure un défi, dans un contexte de baisse significative de l’aide internationale. Selon le rapport FP2030 2024, plus de 80 % des financements en planification familiale proviennent de pays ayant récemment réduit leur assistance. D’où la nécessité de renforcer les financements domestiques. « Il faut saluer les efforts engagés et les consolider », a souligné Dr Hounkarin.
Le Burkina Faso mise sur la santé communautaire

Présentant l’expérience du Burkina Faso, Dr Yéri Youl Traoré, Directrice de la Santé et de la Famille, a mis en avant l’institutionnalisation de la santé communautaire. Cette stratégie a permis avec le déploiement de près de 20 000 agents de santé communautaires et la mise en place d’un dispositif minimum d’urgence.
Le pays a renforcé la quantification des produits contraceptifs et développé une stratégie du dernier kilomètre pour atteindre les zones reculées. Depuis 2009, une ligne budgétaire nationale est dédiée à la santé sexuelle et reproductive.
Des actions de proximité au niveau local
Au niveau local, Dr Sandrine Bienvenue Sam, Médecin-Chef du District Sanitaire de Fada, a souligné l’impact positif de la gratuité des soins de planification familiale, en vigueur depuis 2016. Elle a évoqué la formation des accoucheuses villageoises, la délégation des tâches, les sensibilisations porte-à-porte et l’implication des agents communautaires, avec l’intégration d’autres services comme le dépistage des cancers.
Le Niger et le Mali renforcent la continuité et la souveraineté
Au Niger, Dr Issoufa Harou, Directeur Général de la Santé de la Reproduction, a insisté sur la continuité des services malgré l’insécurité. Avec l’appui de l’UNFPA, le pays a sécurisé les produits contraceptifs, construit 35 centres de santé et renforcé la mobilisation sociale.
Au Mali, Vavita Leblanc, Cheffe Unité Santé à l’UNFPA Mali, a présenté la crise comme un levier pour renforcer la souveraineté sanitaire. Le pays a maintenu ses engagements financiers et formé plus de 600 sages-femmes.
Enfin, Sidy Diallo, assistant technique du Fonds Patronat, a présenté l’ONASR, créé en 2024, qui a mobilisé près de 230 milliards FCFA, notamment grâce à la diaspora et aux contributions religieuses à travers les zakats.
Ces expériences montrent qu’un engagement politique et communautaire fort permet de préserver le financement durable des DSSR, même en contexte de crise.
