Le PEVLoc pour une durabilité des voies locales

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Le PEVLoc pour une durabilité des voies locales

La dégradation précoce et l’impraticabilité des pistes rurales et des voies urbaines faute d’entretien régulier, ont donné naissance au Programme d’Entretien des Voies Locales (PEVLoc). Ce programme couvre les quatre départements du nord à savoir le Borgou, l’Alibori, l’Atacora et la Donga. Son objectif est d’assurer la pérennisation des infrastructures mises en place afin de contribuer à la réduction de la pauvreté au niveau local.

L’état de dégradation avancée des voies locales dans plusieurs communes du septentrion inquiète autorités et usagers de la route. La situation d’abandon de ces voies d’accès aux potentialités locales donne à réfléchir. À cet effet, certains experts en la matière explorent la question. De leur réflexion, découle une perspective. Celle d’un Programme d’Entretien des Voies Locales (PEVLoc). Ceci pour accompagner le gouvernement et les communes dans la réhabilitation et le suivi des voies locales vectrices de richesses et de prospérité.

Pourquoi un programme tel que le PEVLoc ?

Selon les responsables du programme :

« La caractéristique commune des voies est qu’après leur aménagement ou réhabilitation, aucune structure n’assure efficacement leur entretien, faute d’organisation efficiente et de ressources financières clairement identifiées. Il en résulte une dégradation précoce de l’ensemble du réseau de pistes rurales et de voies urbaines ».

Une situation qui n’est pas sans conséquence sur la qualité du mandat des élus communaux et la mobilité des populations rurales et urbaines. La dégradation des voies locales induit la perte des investissements, le ralentissement des activités économiques, l’enclavement des populations, d’où l’augmentation de la pauvreté malgré les bonnes performances macro-économiques du Bénin.

La disponibilité des voies locales en bon état est un élément de désenclavement et un facteur de développement estime Bio Mora Baguiri, coordonnateur du PEVLoc.

Bio Mora Baguiri, coordonnateur du PEVLoc

« Le PEVLoc vise l’interconnexion des communes et la fluidité de la circulation grâce à la réhabilitation des pistes locales dégradées. Des équipes de jeunes seront formées et mises en place dans chaque commune pour l’entretien et le suivi de ces infrastructures pour leur durabilité ».

Bio Mora Baguiri, coordonnateur du PEVLoc.

Que fera exactement le PEVLoc ?

L’entretien des infrastructures routières est facteur de croissance des pays. Il faut d’abord réhabiliter les voies existantes afin de penser à leur entretien. Le PEVLoc n’est pas un bailleur. Il entend amener les communes et les usagers des voies locales à prendre leur destin en main conformément à l’esprit de la décentralisation. Les acteurs locaux doivent s’organiser pour résoudre les problèmes des voies de communication de leur territoire en lien avec l’Etat et les partenaires techniques et financiers.

« Aide toi et le ciel t’aidera »

Jean de La Fontaine

Bio Mora Baguiri s’appuie sur ce proverbe pour expliquer la démarche du PEVLoc.

« Le PEVLoc suit une démarche pédagogique et technique. Celle-ci consistera à sélectionner les jeunes volontaires pour former des équipes de cantonnier sur comment déterminer les pathologies des routes et comment les corriger. Ces derniers se chargeront de l’entretien et du suivi des voies de leur localité selon un contrat de prestation avec la commune.

Le programme d’entretien des voies locales est un outil des communes. Elles en  sont les porteurs appuyés par les autres acteurs notamment les usagers et les bénéficiaires. Si besoin se fait sentir, un recours sera fait aux partenaires financiers. Le PEVLoc est une innovation pour les communes ».

Bio Mora Baguiri, coordonnateur du PEVLoc.

Finalité du Programme

Le PEVLoc poursuit le développement économique des communes. Cette promotion de l’économie locale, « talon d’Achille » de la décentralisation béninoise, formera les jeunes à l’emploi, offrira aux communes un cadre plus attractif et créera de la richesse locale par un meilleur accès aux marché.

Le programme attend des communes leur engagement financier, grâce au portage des élus locaux, à l’appropriation des usagers et à l’adhésion des populations. Après cette phase, un contrat sera signé entre la commune et le PEVLoc. Ensuite, ledit programme va procéder à la mise en place des équipes de cantonniers dans chaque commune.

« En dehors des cantonniers qui seront recrutés et formés, PEVLoc envisage de recruter deux cadres par commune. Il s’agit d’un technicien qui se chargera du suivi technique des activités et d’un animateur (géographe ou sociologue) chargé de la mobilisation des ressources humaines et financières. Des milliers emplois directs et indirects seront créés dans les communes concernées. Et cela va booster le développement économique et local ».

Bio Mora Baguiri, coordonnateur du PEVLoc.

Une correspondance a été envoyée à chaque commune de l’Alibori, de l’Atacora, du Borgou et de la Donga pour présenter le PEVLoc, recueillir leurs apports et bénéficier de leur portage. Quelques-unes ont d’ores et déjà exprimé  leur intérêt pour le programme. Parmi celles-ci on compte Gogounou, Nikki, N’Dali, Sinendé, Kérou, Kouandé et Ouassa Péhunco. Les tournées dans les autres communes se poursuivent à en croire le coordonnateur du PEVLoc.

Contact a été également été pris avec les intercommunalités des quatre départements à savoir :

  • Association pour le Développement des Communes du Borgou (ADECOB)
  • Association pour la Promotion de l’Intercommunalité dans les communes de l’Alibori (APIDA)
  • Association des Communes de l’Atacora et de la Donga (ACAD)
  • Kèrou-Kouandé-Péhunko (2KP)
  • Communauté de l’Intérêt de la Vallée du Niger (CIVN).

Leur appui va consolider leur dynamique impulsée de mutualisation des ressources pour un entretien régulier des voies locales. 

‘’La route du développement passe par le développement de la route’’. Bio Mora Baguiri exhorte les élus communaux à s’approprier cet adage en adhérant à la vision du PEVLoc.

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Commentaires

BANKI IMOROU Abdoulaye
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Très bonne initiative

Vivement que les communes adhèrent

Courage à vous M.le coordonnateur

Chams-Dine Baguiri
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Vraiment, les communes ont beaucoup à gagner